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Lexya à livre ouvert - La Mafia du Livre

« C'est dommage parce qu'en ce moment on est impuissants, aux premières loges de tout ça, et c'est les étudiants qui écopent. »

  • Team Lexya

    Team Lexya

  • 3 août 2020
  • 9 min
Lexya à livre ouvert - La Mafia du Livre

Le 27 Février dernier, on écrivait un article qui faisait le bilan de notre première année d'activités avec Lexya. Comme la majorité des gens, on ne s'attendait pas du tout à tout ce qui allait se passer dans le monde. Seulement deux semaines plus tard, on étaient tous confinés à la maison dû à la pandémie de la COVID-19.

En toute transparence, lorsqu'on se compare à plusieurs autres organisations (qu'elles soient grandes, moyennes ou petites) on est très chanceux car la pandémie n'a pas eu un énorme impact pour nous. Étant une petite équipe, nous étions déjà habitués de travailler à distance et puisque la plateforme est 100% en ligne, ça n'a pas eu de conséquences directes sur les opérations.

Par contre, les étudiants ne pouvaient plus se rencontrer sur les campus afin de faire des transactions de livres usagés. 👇🏻

Le Programme de rachat Lexya

C'était bien important pour nous qu'on arrive avec une solution alternative pour ceux qui voulaient se départir de leurs livres universitaires tout en faisant un revenu considérable, et en restant à la maison. On a donc rapidement mis en ligne le programme de rachat Lexya où on offre aux étudiants de racheter leurs livres usagés en quelques clics.

Le programme de rachat a connu un succès instantané et nous avons eu plus de 1000 soumissions de rachat (+ 3000 livres) en l'espace d'une semaine. Evidemment on n'a pas pu racheter tous les livres (vieilles éditions, livres non requis au cours, etc.), mais on a fait notre possible pour rendre ça simple et efficace pour le plus d'étudiants possible!

Comme dans tout bon MVP, les réponses à toutes les demandes se faisaient manuellement alors on a eu du pain sur la planche pendant quelques jours.

L'Université à distance

Avec les mesures gouvernementales qui ont été prises, les étudiants ne pouvaient plus se présenter dans les campus universitaires ainsi que dans les librairies. Ces mesures ont instantanément augmenté le volume de transactions de livres en ligne.

De plus, on a eu l'impression qu'il y a eu une augmentation du nombre d'étudiants qui ont décidé de prendre des cours à distance pendant l'été. Tant qu'à ne pas pouvoir travailler à temps plein, aussi bien avancer ses cours universitaires tout en recevant la PCU !

Bref, on a été dans les chanceux qui ont eu un impact positif de la crise. Par contre, qu'en est-il de l'industrie du livre?

La Mafia du livre

Malgré tous les changements que la pandémie de la COVID-19 a amené sur le comportement des étudiants, le besoin d'acheter ses livres scolaires est là pour rester. D'une manière ou d'une autre, les étudiants vont continuer de trouver, acheter et vendre leurs livres universitaires.

On avait espoir qu'avec la pandémie, l'industrie du livre allait réfléchir à de nouvelles alternatives pour répondre aux besoins des étudiants.

On avait espoir que les acteurs de l'industrie allaient vouloir collaborer avec nous, sachant que plus de 90 000 étudiants universitaires peuvent maintenant accéder à Lexya, que la demande continue d'augmenter dans nos campus partenaires et que la plateforme est accessible 100% en ligne.

On a plutôt eu la réponse inverse.

Pas de compte, pas de marges les boys

Tout d'abord, alors qu'on a des comptes partout ailleurs, on n'a toujours pas été en mesure d'ouvrir de compte distributeur dans une des plus grosse maison d'édition universitaire québécoise. La raison? On n'en a pas encore eu, même après quelques courriels et plusieurs appels, ça reste flou.

On a aussi eu une petite surprise à la fin mai lorsqu'un des plus gros joueurs dans le monde québécois de l'édition avait décidé, sans avertissement, de fermer notre compte distributeur juste avant la rentrée de l'été.

En gros, on était encore en mesure de passer nos commandes, mais toutes les ventes qui avaient été faites devenaient des ventes à pertes. Pas besoin d'être comptable pour comprendre que ce n'est pas rentable du tout.

« Hey, umm .. comment ça notre compte est fermé? »

On a pris le téléphone et on a appelé la maison d'édition pour obtenir des explications. Ils nous ont dit que le fait que nous n'étions pas enregistré comme Libraire Agréé faisait en sorte que nous n'avions pas le droit d'avoir de marges. Ils nous ont demandé une lettre de motivation pour qu'on explique pourquoi nous devrions avoir droit à nos marges et notre compte distributeur.

Après quelques recherches et quelques appels, on s'est rendu compte que d'autres boutiques de livres (qui ne sont pas agréés) avait un compte chez ce fournisseur, qu'elles avaient droit à leurs marges et qu'elles n'avaient jamais eu de problèmes.

Le paradox de l'oeuf et la poule

C'est un peu le paradoxe de l'oeuf et la poule. On est pris dans un cercle vicieux qui est complètement illogique.

D'un côté, les maisons d'éditions nous demandent du volume pour pouvoir ouvrir notre compte client.

De l'autre côté, puisqu'on n'a pas de compte on ne permet pas l'option d'acheter le livre neuf aux étudiants. Donc on n'a pas de volume pour ces titres pour le moment et les maisons d'éditions ne veulent pas nous ouvrir de compte.

Alors par où on commence?

Tel qu'on a discuté dans un précédent article, notre objectif est simple ; nos énergies sont concentrées à permettre aux étudiants de sauver du temps et d'économiser de l’argent.

On a toujours été (et on est toujours) très ouverts à travailler avec les acteurs de l’industrie dans l’atteinte de cet objectif, mais malheureusement, encore beaucoup d'entres-eux pensent à leurs poches en premier au lieu de penser au consommateur final.

C'est dommage parce qu'en ce moment on est impuissants, aux premières loges de tout ça, et c'est les étudiants qui écopent.

Bref, quand on remet tout ça en perspective, ces enjeux là ne sont pas grave du tout. Au final, c'est le consommateur (les étudiant(e)s) qui décident ce qu'ils/elles ont besoin et qui vont dicter où le marché va se diriger dans les prochaines années.

Quelques chiffres

La plateforme est apprécié des étudiants et le volume ne cesse d'augmenter de session en session. En date du 1er juin, on était rendu à plus de 12 500 membres actifs, plus de 18 000 livres usagés en vente et plus de 9 000 transactions complétées par des étudiant(e)s sur la plateforme.

Nouveaux campus partenaires

On a également signé des ententes avec deux nouveaux campus universitaires : la TÉLUQ ainsi que l'Université d'Ottawa (Telfer). Ces deux collaborations font en sorte que la plateforme est maintenant accessible dans 7 campus universitaires, par près de 100 000 étudiants.

Les prochaines étapes

Pour ce qui est des prochaines étapes, l'Université d'Ottawa nous donne un premier test avec un campus anglophone alors on a bien hâte de voir les résultats pour exporter la plateforme dans le Canada anglais.

Parallèlement à ça, on évalue notre entrée au niveau collégial. Le besoin est criant dans ces institutions surtout avec la situation actuelle, mais puisque le contexte est complètement différent du milieu universitaire, on y va une étape à la fois.

Finalement, on a plusieurs nouveautés sur la plateforme qui vont faire leur entrée pour la session de septembre. On voit le contexte de la pandémie comme une opportunité de se démarquer davantage et d'offrir aux étudiants des options qui répondent vraiment à leurs besoins!

Comme d'habitude, on est très ouvert à vos commentaires, à vos suggestions et à jaser de tout ça prochainement autour d'une bière ou d'un café virtuel. Cheers ! ✌🏼

- Team Lexya

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